Louvre: la maison Karpov redessine les joyaux volés

(Illustrations ©️ Karpov Paris)


Hélène et Jeanne Karpov sont les sœurs jumelles nées sous le signe de la joaillerie. Comptant parmi les créatrices les plus inspirées de la place de Paris, fascinées par les pierres précieuses, elles nous font vivre un conte de fées à chaque lancement de collection. À la suite du cambriolage spectaculaire du Louvre le 19 octobre, au cours duquel les malfaiteurs se sont emparés de huit bijoux du 19e siècle (dont le collier de la reine Marie-Amélie et de la reine Hortense ainsi que le diadème de l’impératrice Eugénie), les sœurs Karpov ont décidé de rendre hommage à ces joyaux. À leur façon. INTERVIEW.

– Qu’avez-vous ressenti en apprenant le vol de tout un pan du patrimoine joaillier au Louvre ?

Apprendre qu’un vol d’une telle ampleur ait pu se produire en plein jour, au cœur du Louvre, nous a profondément choquées et attristées.
Un scénario digne d’un film, et pourtant réel… Les joyaux de la Couronne ne sont pas de simples bijoux, ils incarnent l’excellence et le raffinement ultime de la joaillerie française.

Ces pièces, nous les connaissions intimement : elles ont nourri notre regard et accompagné notre parcours, qu’il s’agisse d’un dessin de pompon chez Van Cleef & Arpels ou de la manière dont nous capturons la lumière d’une perle ou d’un saphir.
Leur disparition tragique rappelle combien l’héritage artistique et artisanal, aussi solide qu’il paraisse, demeure fragile et précieux.


– Racontez-nous en quoi consiste votre projet artistique afin de faire revivre d’une certaine manière les pièces disparues.

Nous sommes designers et gouacheuses de haute joaillerie — un savoir-faire emblématique de la place Vendôme, né en France à l’époque même des pièces aujourd’hui disparues du Louvre.

Le métier de gouacheur joaillier est malheureusement en péril : l’essor du rendu numérique et le manque de reconnaissance institutionnelle fragilisent sa transmission. La maîtrise de ce savoir-faire exige plusieurs années de pratique intensive, ce qui peut décourager ceux qui s’y lancent. À cela s’ajoute le fait qu’il s’agit du seul métier de haute joaillerie absent de la liste officielle des Métiers d’Art, privant les gouacheurs de haute joaillerie de visibilité, d’un statut officiel et d’un avenir assuré.

Nous militons activement, auprès du Ministère de la Culture, comme auprès des grandes maisons, pour sa reconnaissance et sa valorisation, alors que ses artisans se font de plus en plus rares.

Le parallèle entre le vol des joyaux du Louvre, disparus en sept minutes, et l’extinction progressive de notre métier, autre trésor du patrimoine français, est frappant : si nous n’agissons pas pour protéger notre héritage, il peut disparaître à jamais.

À travers ce projet, nous souhaitons redonner vie à ces pièces disparues, grâce à la gouache, le même geste qui, il y a des siècles, leur a probablement donné naissance sur le papier avant leur fabrication.
C’est à la fois un acte artistique et un cri d’alerte, un appel à préserver la mémoire, le patrimoine vivant et la main de ceux qui font la beauté de la joaillerie française.


– Qu’adviendra-t-il de vos réalisations à la gouache? À quoi se destinent-elles? À être exposées ?

Traditionnellement, les gouachés de joaillerie précèdent la création des bijoux : ils en sont le dessin fondateur, puis l’archive précieusement conservée par les grandes maisons.

Pour ce projet, le chemin s’inverse. Les bijoux se sont envolés, il n’en reste que quelques photographies.
Ces gouachés sont donc un symbole de renaissance : ils réinventent ces pièces disparues à travers le geste même qui leur a donné vie autrefois.
Ils portent la mémoire d’un art et d’un savoir-faire tout en leur offrant une nouvelle existence. À la croisée du témoignage et de la création, ce sont à la fois des œuvres et des archives sensibles.

Nous espérons qu’ils pourront être montrés, partagés, peut-être exposés, afin d’éveiller la curiosité du public pour cet art discret mais fondateur, et rendre hommage à la beauté des joyaux disparus.
Plusieurs collectionneurs ont déjà manifesté leur intérêt, montrant que ces images touchent bien au-delà du cercle des initiés.
Mais plus encore, nous souhaitons que ces gouachés nourrissent une réflexion sur la transmission: celle des gestes, des regards et des savoirs qui assurent la continuité de notre patrimoine vivant.

INTERVIEW RÉALISÉE PAR LG

💎 En savoir + sur The Art of the Gouache: https://www.theartofthegouache.com/

🔎 Pour aller plus loin et découvrir l’ensemble des pièces volées, lire l’article sur le vol des bijoux de la Couronne au Louvre, publié dans La Tribune de l’Art: https://www.latribunedelart.com/Le-point-sur-le-vol-des-bijoux-de-la-Couronne-au-Louvre


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Romance à Paris: nouvelle page pour Gibert dans le quartier latin

(photo ©️ LGC)
La naissance d’une nouvelle librairie, c’est un heureux événement. À l’origine de celui-ci, il est question de romance, de surcroît !
C’est précisément le genre littéraire qui a inspiré l’ouverture d’une nouvelle librairie au groupe Gibert. Déjà très représenté dans le quartier latin, ce dernier ouvre une nouvelle enseigne dont les quatre niveaux et pas moins de 200 mètres carrés de rayons seront dévolus à la romance sous toutes ses formes: de la saga fantastique à la romantasy voire la dark romance et aussi la comédie romantique et la romance version queer. Déjà 10.000 références sont exposées. On a désormais qu’une hâte, assister aux premières dédicaces sur place. Longue vie à ce nouvel espace culturel!

📍28, bd Saint-Michel Paris 6e arrondissement.

🗓️ Inauguration le 18/11.



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Le petit trésor architectural caché: la Maison des Nains à Nice

par MÉLANIE ALEXIS

(photo ©️ wikimedia creative commons)
Loin du tumulte de la Promenade des Anglais et des ruelles animées du Vieux-Nice, se cache une curiosité architecturale. La Maison des nains, construite au début du XXᵉ siècle, en 1926, mêle le charme de l’Art déco à la fantaisie assumée du “tout petit”.
La bâtisse, aux fenêtres minuscules, aux balcons délicatement sculptés, et aux étages qui semblent s’empiler, a une allure presque féérique…
Les Niçois la connaissent, les passants s’y arrêtent, et les curieux se laissent surprendre.

Un spot insolite qui offre une jolie parenthèse poétique au cœur de la ville…

Levez les yeux au 12, rue Bavastro (quartier Fleurs–Gambetta, proche du secteur Gambetta–Buffa) !

De son vrai nom, le Mas du Sablonat, cette petite bâtisse a été érigée sur un sous-sol de plus d’1,50m. Une vraie légende à Nice.

📍 2, av Desambrois, devant l’intersection avec les boulevards Dubouchage et Carabacel à Nice.

L’ordonnance culturelle de la semaine

🏛️ L’université populaire à Marseille

Dans le cadre du cycle 2025/2026, l’UPOP 13 (Université Populaire Marseille Métropole) invite à la réflexion au sujet de la « Démocratie, citoyenneté, espace public ». Cette soirée est animée par Alain Trannoy, directeur d’études à l’EHESS Marseille et l’historienne indienne Arundhati Virmani (EHESS Marseille). Ils tiendront conférence sur le thème « Économistes et historiens, un dialogue de sourds ? Quand l’histoire et l’économie se croisent ».

📆 lundi 17/11 à 19h.
📍auditorium de la mairie du 1er/7e arr Marseille – La Canebière – 13001 Marseille

💶 tarif : libre 

🎫 Concert hommage à David Bowie et Dennis Davis au Casino de Paris

The D.A.M Trilogy Tour : un hommage à David Bowie et Dennis Davis au Casino de Paris le 19 novembre 2025 ! Carlos Alomar et George Murray, membres originaux du légendaire D.A.M. Triology et piliers des albums Low, Heroes et Lodger, partageront la scène pour la première fois depuis cinq décennies.

📍au Casino de Paris

🗓️ le 19/11 à 20h

📲 réservations: https://www.seetickets.com/fr/event/socialsharelinksmodal/ap-51635

🖼️ Le manga surfe sur la Vague au musée Guimet à Paris

Le musée Guimet déploie sa panoplie manga pour attirer petits et grands. Pilier culturel incontournable au Japon, cet art se décline à travers pas moins de 300 œuvres, de planches originales aux estampes anciennes sans oublier les films d’animation. L’occasion d’apprécier encore une fois la grande Vague de Kanagawa réalisée par Hukusai en 1830.

📍Musée Guimet Musée national des arts asiatiques

6, place d’Iéna Paris 16e

🗓️ du 19/11/25 au 06/03/26


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