
Depuis la fin du mois d’août, les librairies rivalisent de mises en scène des nouveautés en vitrine et en rayon. Sans dévoiler les 461 nouvelles parutions de ce cru 2026, il est toujours intéressant de découvrir les ressortissants de la catégorie premier roman. Cette année, selon le recensement de Livre Hebdo, 68 premiers romans débarquent, 344 romans français, 117 étrangers.
Incontournable, le roman d’Amélie Nothomb toujours fidèle et ponctuelle, qui ne manque jamais d’arriver à l’heure de la rentrée. « L’adolescence du perroquet » aux éditions Albin Michel, fait partie, sans surprise, des coups de cœur des libraires, chez Eyrolles notamment.
Autres propositions de lecture cet automne, « La solitude des professeurs est infinie » publié chez Gallimard, le récit d’un jeune professeur confronté aux difficultés mais découvrant aussi les joies du métier…Parmi les livres remarqués, « Stigmates », de Margaux Cassan (Grasset).
Également repéré: « Du côté des fantômes », par Anne-Fleur Multon, aux éditions de l’Observatoire, à la lecture duquel vous serez sans doute hantés par les secrets de famille de l’héroïne Olivia, ou par les vôtres.
Chez Paris-Riviera.info, slow media qui prend le temps de lire et décrypter les courants mais aussi de discerner parmi ceux-ci, ce qui durera, nous avons choisi de vous parler dans notre précédente édition, du meilleur roman de Bret Easton Ellis: Les Eclats, traduit de l’anglais The Shards.
L’ouvrage parait le 1er janvier 2023, aux éditions Random House. Il est le fil conducteur de la série éponyme, notre coup de cœur télévisuel de la rentrée. À découvrir d’urgence sur Disney +.

7 raisons de lire les Éclats (the Shards) avant de voir la série

Embarquement pour LA, destination 1981. Au commencement, le roman initiatique, Les Éclats (The Shards). Plus exactement, au commencement, un écrivain sulfureux, avant-gardiste, moteur de la génération X: Bret Easton Ellis.
Publié en 2023, Les Éclats, son 9e livre, est salué comme le meilleur. L’auteur connaît la gloire avec American Psycho, mais son premier succès à 21 ans, à peine, avec Moins que Zéro. C’est précisément de l’écriture de ce premier opus, dont il est question dans Les Éclats, auquel le narrateur, Bret, 17 ans, se consacre lors de sa dernière année de lycée. Il écrit ce roman initiatique et son scénario alors qu’il est en terminale au lycée huppé de Berkley à LA. S’agissant d’une auto-fiction, le livre les Éclats est largement inspiré de la vie de son auteur et de ses camarades, agrémenté d’une intrigue horrifique. Un tueur en série surnommé le Trawler (en français « le chalutier » dans la série Disney+) s’en prend en effet à cette jeunesse dorée hollywoodienne…
Pourquoi il est fortement recommandé d’avoir lu le roman avant de voir la série éponyme:
•Avant tout, parce que c’est un roman à suspense dont la tension est savamment entretenue au fil des 906 pages qui vous hantent longtemps après avoir refermé le livre.
• Ce qui est vrai pour The Shards ne l’est pas forcément pour une série comme la Chronique des Bridgerton, dont on saisit les nuances même sans être passé par la case littéraire. Pour ce qui est de The Shards, chaque personnage est complexe, à commencer par le narrateur lui-même, écrivain en herbe dont l’obsession pour le tueur en série sévissant à LA le pousse à soupçonner le nouveau venu du lycée, Robert Mallory. Lequel a lui aussi sa part d’ombre. Le doute est omniprésent.The Shards se lit d’ailleurs en visualisant chaque scène de l’intrigue, tant l’auteur fournit des détails précis de chaque lieu, de chaque tenue vestimentaire, et même de musique de cette époque, au tournant des années 80 et de la New Wave.
• Lire The Shards offre un voyage dans les années 80 et sur les hauteurs de LA, dans l’univers de la jeunesse privilégiée mais aussi désœuvrée, la plume de Bret Easton Ellis décrit mieux que quiconque ce moment délicat de la sortie de l’adolescence vers le monde adulte, ici en proie aux excès en tous genres.
• Lire The Shards, c’est aussi voyager dans le cerveau de Bret Easton Ellis. Voir la série s’inscrit comme la suite logique de cette expérience hors norme, c’est découvrir à l’écran le jeu subtil de son interprète, Igby Rigney. Jeune prodige de 23 ans, choisi pour le rôle de Bret, et star incontournable de la série créée par Ryan Murphy.
• Ce qui fascine l’auteure de ces lignes est le casting de la série. Chaque acteur campe à la perfection son personnage, à commencer par le jeune Bret, mais aussi Robert Mallory, interprété par un Homer Gere très énigmatique, au regard tour à tour angélique et inquiétant. Sans oublier la performance de la chanteuse pop Hayes Warner, interprétant une Debbie Schaeffer peroxydée et plus profonde que sa frivolité apparente ne le laisserait imaginer dans les premiers épisodes. Mention spéciale aussi à Kaia Gerber, mannequin qui mène en parallèle une carrière d’actrice commencée en 2021 avec American horror, déjà sous la direction du maître du genre, Ryan Murphy.
• Qui est le Trawler? Argument massue: l’avantage du roman est de vous faire découvrir l’identité du Trawler, ce que ne permet pas la série, du moins pour le moment car la saison 1 s’achève à la fin du 9e épisode qui laisse place au doute…
• Et enfin lire d’abord le roman pour avoir le plaisir de découvrir ensuite à l’écran la playlist qui aura bercé la lecture de ce volumineux pavé qu’est Les Éclats.
De Blondie à Police en passant par Duran Duran et tant d’autres artistes phares de ces années-là. 🔗 https://open.spotify.com/playlist/37i9dQZF1DX9nCcUEc52nw

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