
Allure d’éternel adolescent, Christophe-Dimitri Réveille, acteur, réalisateur, scénariste et producteur, affiche une longue carrière cinématographique. D’origine tropézienne, il présente son film en séance spéciale au festival de Cannes en mai dernier. Sorti en salles le 9 septembre, depuis, il rencontre un franc succès. Un projet de longue haleine porté par cet artiste fasciné par le Che depuis deux décennies. Lui que l’on avait remarqué, prêtant ses traits à Patrick Dewaere en 2007 (la ressemblance est saisissante) le temps du biopic « La chambre vide », signe là une œuvre originale dédiée à un personnage iconique de la révolution cubaine et à six de ses compagnons fidèles, les guérilleros survivants.
– Votre film documentaire, Les Survivants du Che, avec la voix-off de Vincent Lindon, est sorti le 9 septembre en salles après avoir été présenté en séance spéciale au dernier festival de Cannes. Un projet auquel vous avez consacré combien d’années ?
Il m’a fallu 22 ans pour regrouper tous les protagonistes de cette épopée. Le film raconte l’histoire de ces survivants du Che en recoupant les récits de tous les protagonistes de l’époque. Les trois cubains (qui ne se parlaient plus pour certains depuis plus de 20 ans puisque l’un d’entre eux a obtenu le statut de réfugié politique en France en 1995), l’agent de la CIA, l’armée bolivienne, le Français Régis Debray (qui raconte pour la première fois son histoire dans cette aventure) et enfin le guide bolivien qui a aidé les 3 guérilleros cubains du Che dans leur fuite.
– Qui sont les trois survivants de cette épopée?
Tous les protagonistes sont des survivants de cette histoire mais les trois principaux (Pombo, Urbano et Benigno) sont les guérilleros que le Che avait sélectionnés pour partir mener une lutte armée en Amérique latine.
– Pour ceux qui ne l’ont pas encore vu, est-ce que ce film documentaire révèle des pans méconnus ou oubliés de l’histoire du Che, de Cuba à la Bolivie, notamment après la mort de ce dernier ?
Oui, il y a des archives inédites et des pans méconnus voir oubliés/ effacés de l’histoire officielle. La vérité est plurielle. D’ailleurs, comme tout ce que j’ai trouvé ne pouvait pas être mis dans le film, il y a un livre que j’ai écrit « L’affaire Che Guevara » qui va sortir en janvier 2027, à La Dérive Editions.
– La critique salue le suspense entretenu par le scénario. Que vous inspire cet accueil enthousiaste?
Je suis très ému. Je pense à ces survivants qui ne verront jamais le film parce qu’ils sont pour la plupart morts. Mais que j’ai pu interviewer durant vingt années d’investigation. Je pense au peuple cubain qui souffre en ce moment à cause de Donald Trump qui mène une politique agressive à l’international et qui se croit tout permis. Beaucoup d’émotions antagonistes se mêlent, mais je suis heureux que cette histoire reçoive un tel accueil. Ces hommes le méritent.
Journées du Patrimoine: Saint-Denis inaugure la Cité du cinéma

Après des mois de travaux de transformation, le grand jour est arrivé! Patrimoine à la fois culturel et bâti, la Cité du cinéma, établie à Saint-Denis va être inaugurée à l’occasion des Journées du Patrimoine 2026.
Un petit rappel historique s’impose, si ce détail vous avait échappé: l’édifice n’a pas toujours été consacré au 7e art. Sa vocation initiale: être une centrale thermique et électrique. Construite entre 1930 et 1932 selon les plans de l’architecte Gustave Umbdenstock, cette imposante usine servait à produire de l’électricité.
L’activité cessera en 1981. Et depuis, le bâtiment demeurerait désaffecté et à l’abandon, avant d’intéresser le réalisateur Luc Besson. Ce site ambitieux et unique, inauguré le 21 septembre 2012, regroupe alors l’ensemble de la chaîne de production cinématographique, avec des bureaux, salles de projection, 11 000 m² de plateaux de tournage, ainsi que des ateliers et une école de cinéma. La nef centrale, entièrement réhabilitée, devient la “rue de la Machine à Rêves”. Mais pour résumer, le rêve va tourner au cauchemar: c’est un fiasco financier et immobilier par le truchement d’un montage controversé sur fond d’argent public.
Les raisons de l’échec de la Cité du cinéma première mouture tiennent à l’aspect surdimensionné du projet: un complexe de 62 000 m² qui n’est pas parvenu à attirer assez de tournages pour remplir ses neuf plateaux gigantesques. Clap de fin.
2024, à l’occasion des jeux olympiques, la Cité du cinéma est transformée en cantine et terrain d’entraînement pour les athlètes.
2026, la réouverture ou plutôt la résurrection. Moteur! Action!
🗓️ Au programme: https://laciteducinema.fr/la-programmation/
📍Cité du Cinéma: 20, rue Ampère 93200 Saint-Denis.


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